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Compte rendu de mai à juillet 2008

Enregistré par le Friday, July 25, 2008 (PST)

Les enfants et le reste


Compte-rendu de mai à juillet 2008.

 

Les enfants…

 

L’année scolaire s’est officiellement achevée sur une bonne note puisque Oumou a obtenu son CEP – examen nécessaire pour entrer en 6ème -, ce malgré un parcours plus que chaotique : elle n’avait jamais réussi à obtenir la moyenne lors des examens blancs. Nous avons comme on dit « arrosé » ce succès en organisant une petite fête pour l’occasion ; musiciens traditionnels, petits gâteaux, boissons, et bonne humeur étaient au rendez-vous.
 
Quelque temps auparavant Binta était rentrée de Diébougou après une année décevante : elle ne semble pas s’être investie dans les matières proposées qu’elles soient pratiques (coupe, couture, broderie, tricot) ou théoriques (économie domestique, santé, puériculture, politesse) et finit bonne dernière de sa promotion. Apparemment elle a un peu trop profité de sa situation externe à notre centre pour prendre au sérieux sa formation, jusqu'à obtenir de surprenantes remarques sur une mauvaise conduite et un manque de respect… Il va falloir qu’ensemble nous décidions comment elle va poursuivre son avenir…

 

Pour Salimata aussi l’année scolaire aura été difficile, avec des résultats en dents de scie : après avoir mal débuté ses premières évaluations elle semblait avoir redressé la barre, malheureusement elle a rechuté en mai et se retrouve avec une moyenne annuelle de 4,97 sur 10. Bien qu’admise en classe de CM2 son passage n’est que conditionnel ; c’est à dire que si son enseignant jugera qu’elle n’a pas le niveau elle sera rétrogradée au CM1. Ses lacunes sont manifestes en calcul mais il nous reste les congés pour tenter d’y remédier.

 

Au contraire, Abdoulaye est en net progrès depuis deux ans qu’il a intégré un établissement privé, il termine convenablement son exercice scolaire avec un investissement indéniable. Pourtant, toutes les matières abstraites continuent de lui poser problème, il a du mal à comprendre le sens des leçons qu’il répète par cœur, au mot près, et s’en retrouve vite déstabilisé.

 

Au même niveau (CE2), Mohamed semble avoir plus de facilités car il est capable de résumer un cours étudié sans l’avoir appris. Pour sûr qu’il a moins le coeur au travail et se donne moins de mal,  et têtu comme il est ce n’est pas demain la veille qu’il rasera son poil dans la main. Toujours est il que tous les deux passent au CM1 avec une bonne moyenne générale qui les situe chacun dans le premier tiers de leur classe. Mohamed cependant poursuivra sa scolarité à Boromo où il est amené à déménager dès la fin des congés, et enthousiaste il compte déjà les jours qui restent…

 

Pour notre dernier élève, Sibiri, les choses sont beaucoup plus simples puisqu’il allie motivation et facilité pour obtenir des résultats plus qu’honorables (10ème sur 87). Inexorablement il poursuit sa fuite en avant et continue à grandir avec un peu moins de craintes que par le passé. Mais sa perpétuelle humeur de grincheux et quelques fois certaines de ses crises semblent traduire le tracas qu’il éprouve de ses origines inconnues. Malheureusement sa famille paternelle reste toujours hermétique à une éventuelle reconnaissance de filiation, quant à un retour chez sa grand mère maternelle il apparaît improbable, cette dernière ayant trop de problèmes avec son histoire personnelle et sa famille.

 

La rencontre du grand-père d’Adolf nous a permis de prendre contact avec un de ses oncles qui réside à Kyon, localité située non loin de Koudougou et d’où la famille Bationo est originaire. Celui-ci est enseignant, récemment marié bien que déjà père de trois filles et a accepté lors de notre approche de prendre en charge l’éducation d’Adolf. Profitant d’un séjour de son oncle sur Bobo, nous avons accompagné Adolf dans son nouveau foyer, lui qui espérait ce jour depuis si longtemps s’est tout de suite senti à l’aise et c’est à peine s’il nous a dit au revoir…
 
Agée d’un peu plus de quatre ans, Ami dit « Chouchou », s’est posé comme un oiseau dans son nid dans notre centre. Arrivée le 24 juin elle s’est immédiatement faite à son nouvel environnement, entourée de grands frères et sœurs. Bien qu’en instance d’adoption nationale, cela faisait quelques mois déjà que la pouponnière « Le Nid » nous sollicitait pour la placer dans notre structure car Ami était trop grande pour rester chez eux. Cela a pris du temps à cause des autorités qui tardaient à nous délivrer l’attestation de placement que nous exigions. Finalement son passage aura été bref, deux semaines seulement, et comme un ange qui passe Ami est repartie le 7 juillet dans la famille adoptive qui la suivait. Elle a versé une larme d’émotion, pas plus, tout comme elle l’avait déjà fait lorsqu’elle avait quitté la pouponnière. Au vu de sa situation compliquée nous ne pouvons que nous réjouir d’un tel dénouement. Bonne continuation à elle car elle le mérite…

 

Le matin où nous sommes allés chercher Ami j’avais demandé à Sibiri et Ténè de nous accompagner car tous les deux y avaient passé leur première année et à ce titre sont des ex-pensionnaires de la pouponnière. Ténè cependant ne fut pas à son aise, comme à chaque fois qu’elle côtoie du monde et un milieu extérieur. Qui plus est, l’environnement n’était pas propice à lui rappeler de bons souvenirs puisqu’elle y était souvent malade, anorexique et en manque d’affection. Mais depuis Ténè a beaucoup changé et bien qu’elle manifeste un certain retard dans son développement elle progresse tout de même dans son évolution. Afin de la stimuler encore davantage dans sa socialisation et sa structuration, nous avons décidé de l’inscrire en section enfantine dès la prochaine rentrée.

 

Il en sera de même pour Hassan devenu capricieux et qui n’hésite pas à pleurer quand il n’obtient pas ce qu’il veut. L’enquête sociale lancée auprès des services sociaux en vue de son adoption n’a toujours pas abouti, mais nous gardons espoir car, sans famille déclarée et connue, sans identité, l’adoption reste la meilleure solution pour qu’il puisse grandir et s’épanouir dans un cadre familial. Hassan est très bavard, il maîtrise bien le dioula (le dialecte local) et comprend le Français, physiquement il est un peu frêle mais désormais il peut rouler sur un vélo deux roues et ne s’en prive pas.

 

 

… Et le reste.

 

Au point de vue de l’organisation, l’équipe n’est plus composée que de trois tanties qui se relaient à raison de deux par jour. Mais vu le nombre restreint des enfants, huit, et leur âge, et du fait que nous disposons régulièrement de stagiaires investis dans l’animation et l’encadrement, cela suffit.

Le projet de récupération d’eau de pluie, financé par l’association Esperanza (68), constitué d’une gouttière métallique reliée à une fosse dallée utilisée comme un puits, est enfin achevé. Il nous permet d’arroser plus régulièrement certains arbres et d’entretenir des petits jardins attribués à chaque enfant.

Les ateliers sont enfins équipés et disposent chacun du courant électrique : l’un est consacré à la couture, le deuxième à la réparation de vélos et au bricolage, quant au dernier il sert de magasin pour entreposer diverses affaires.

 

 

Ainsi s’achèvent les nouvelles du côté de chez nous, à bientôt.

 


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